PetroCaribeChallenge, le bain de sang se précise

Il m’est donné, ce matin, d’écouter Scoop FM ou le Dr Schiler Louidor de Fanmi Lavalas invite les jeunes à quitter l’école pour aller marquer d’une croix à la peinture rouge les hôtels et restaurants à Pétion-Ville, qui selon lui sont tous la propriété de Michel Martelly. Il a été d’une violence inouïe citant noms et entreprises avec le soin de cibler une seule famille politique. Le journaliste, fatigué de l’actualité, lui laisse passer. Mais ce n’est pas ainsi qu’on fait dans une démocratie. Ça c’est de l’anarchie et de l’incitation à la violence. De la soif de sang.

Déjà, hier, aux émissions de libres opinions, l’appel à la violence et au déchoukaj ciblé de citoyens se lançait timidement, mais surement. Il va certainement se préciser au cours des jours avec ce cabinet ministériel qui est passé totalement à côté des espérances.

A cause de la justesse et la légitimité des questions relatives à la reddition de comptes sur la gestion du fonds PetroCaribe, aucune voix n’ose s’élever contre le danger de somalisation du pays qui se précise. Des frères vont donc s’égorger comme des bêtes et du feu va jaillir des maisons et des voitures. Les marchés vont bruler. Tout cela pour prendre le pouvoir.

D’un côté, Lavalas pour avoir été victime en 2004, a soif de vengeance. D’un autre, des bandits et des voleurs qui n’attendent que le signal pour gagner du terrain et accomplir des forfaits, épandre l’étendue des zones rouges de la capitale. Au milieu, il y a les têtes brulées de la nouvelle génération qui n’ont jamais connu l’espoir ou l’amour dans ce pays et qui s’apprêtent à se livrer au pillage et à la violence aveugle comme par un besoin de défoulement.

Et dans tout cela, il y l’insouciance des élites qui ne voient vraiment rien de la réalité actuelle dont le pouvoir qui vient de reconduire l’essentiel du cabinet qui avait provoqué l’émeute des 6 et 7 juillet 2018. On en voit même une deuxième provocation.

Les nantis ou les mieux fortunés s’arment probablement en ce moment dans le but de protéger leurs biens et leur famille. Car ils savent que la PNH n’a ni la volonté, ni l’expertise pour contenir cette éventualité que seule la politique peut subjuguer.

Sur la base de suspicion et de manipulation, des citoyens sont livrés à la vindicte populaire. Noms, pancartes et adresses de domicile, comme au moyen âge. On écarte les institutions pour pousser les jeunes à prendre la justice en main. Mais, malheureusement pour les instigateurs de ce mouvement qui espèrent le récupérer après les troubles, rien ne le garantit. Ils seront tout aussi victimes que leurs cibles. La tension monte et le massacre se prépare. #Ayitinouvlea risque d’être, bientôt, une bonne sacrée Somalie.
HA

www.haitianalyse.com
Soumettez vos textes et réflexions anonymes ou signés à analysehaiti@yahoo.com

Please follow or like us:

Be the first to comment

Leave a Reply

Your email address will not be published.


*